mercredi 13 octobre 2010

13 octobre 1815: Murat fusillé à Pizzo Calabria

Après la défaite de Leipzig, le 19 octobre 1813, Murat quitte l'armée française. Lorsqu'il atteint Milan, le roi de Naples est assailli par les Carbonari qui souhaitent ardemment unifier l'Italie pour éviter de se retrouver sous le joug de l'Autriche. Le 8 novembre, il affirme à l'ambassadeur autrichien qu'il choisit le camp des Alliés. En échange, il demande son maintien à Naples. Parallèlement, il affirme son attachement à Napoléon. Le 11 janvier 1814, un traité d'alliance entre l'Autriche et Naples est signé (la « trahison de Murat »). Il entame une marche triomphale avec son armée à travers la péninsule. Après une échauffourée avec les troupes du vice-roi d'Italie Eugène de Beauharnais, il est pris de remords et décide de changer de camp. Napoléon se laisse convaincre et promet le partage de l'Italie avec le Pô comme frontière naturelle, Murat recevant la partie méridionale. Mais à l'abdication de Napoléon à Fontainebleau , Murat doit finalement rentrer à Naples en mai 1814 pour sauvegarder son royaume. Au Congrès de Vienne, Talleyrand se fait l'artisan du retour sur le trône de son "légitime souverain". En parallèle, des contacts sont noués avec Napoléon exilé à l'île d'Elbe, car informé du prochain déparquement de Napoléon en France, Murat se prend à rêver du royaume d'Italie. Lorsqu'il apprend le débarquement de l'empereur en France, il déclare la guerre à l'Autriche alors que Napoléon n'est pas encore à Paris, bouleversant le jeu politique de l'Empereur.
Il occupe bientôt Rome, Ancône, Bologne. De Rimini, il lance le 30 mars 1815 une proclamation où il appelle les Italiens à l'insurrection et à l'unification de l'Italie. Mais bientôt les troupes autrichiennes, menées par Neipperg, l'encerclent. C'est la défaite de Tolentino, le 21 avril 1815.
Le 19, il fuit Naples et atteint Cannes le 25. Déchu de son royaume Napolitain, il erre en Provence, dans l'espoir que Napoléon le rappelle. En vain. À l’annonce de la défaite de Waterloo, il s’enfuit en Corse. Vite entouré par près de quelques partisans, Murat ambitionne la reconquête de son royaume Napolitain. Une expédition est montée à la hâte. Parti d’Ajaccio, le 28 septembre 1815, elle arrive le 8 octobre devant le petit port calabrais de Pizzo. Croyant soulever l’enthousiasme de la population, Murat et ses compagnons mettent pied à terre mais se heurtent à une hostilité farouche des Calabrais qui ont souffert la lutte contre le vagabondage voulue par Murat. Celui-ci est capturé et enfermé dans le château proche du port. Le 13 octobre, le roi Ferdinand émet un décret par lequel « il ne sera accordé au condamné qu’une demi-heure pour recevoir les secours de la religion ».
Ironie du sort, Murat, le roi aux costumes extravagants, le cavalier génial, impétueux et irréfléchi, qui aura commencé comme séminariste pour devenir un des plus brillants cavaliers des armées napoléoniennes connait une fin tragique dans un bien modeste village du sud de l'Italie. Mais devant le peloton d'exécution, Murat conserve son panache et donne lui-même l'ordre de tirer. Garibaldi, quand il remonta l'Italie en 1860 après le débarquement des Milles, lui rendit hommage à Pizzo di Calabria et donna à la marquise Pepoli, arrière-petite-fille de Joachim, une des balles qui avait tué Murat. "Je vous envoie, écrivait-il, la boule qui ôta aux hommes le plus courageux des courageux, le vainqueur de la Moscowa, Murat, roi de Naples".

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